PetitTraitepommedeterre.jpgPierre-Brice Lebrun est né à Liège, en Belgique, c’est dire si la pomme de terre et les frites ont très vite eu dans sa vie une importance capitale. Lorsqu’il fugue à cinq ans pour faire le tour du Monde, on le retrouve au bout de deux heures dans une friterie, les doigts maculés de mayonnaise. Le tour du Monde attendra : il se console avec les boulettes de sa grand-mère, auxquelles il voue un véritable culte. Il leur consacre d’ailleurs son premier Petit traité, qui rencontre un grand succès et lance sa carrière d’écrivain gourmand.
Un jour, à Bruxelles, il découvre les croquettes de pomme de terre, et sombre dans l’addiction : ses parents, pour le sevrer, l’envoient en France. Il affronte vaillamment l’absence de frites dignes de ce nom et tente de mettre sur pied un trafic international de Blanc de Bœuf. Heureusement, l’amour le détourne de ses souffrances et de ses mauvaises fréquentations : pour un gratin de macaronis, il se convertit au pastafarisme, pour un plat de Carbonara, il rédige un Petit traité très documenté qui tort le cou à la légende qui assure que Marco Polo a ramené les spaghettis de Chine.
En Tunisie, il découvre les pois chiches : il apprend à parler leur langue, partage pendant plusieurs années leur vie austère, ne se nourrit à leurs côtés que d’houmous et de falafels avant de publier, pour leur rendre hommage, un Petit traité qui raconte la téméraire épopée de leur Peuple.
Il s’intéresse, enfin, ici, à la pomme de terre et à la frite.
Comme d’habitude, il a mené en immersion ses investigations. Il a suivi, à Tournai, la première formation diplômante de frituriste francophone. Il planté, récolté, épluché, découpé, taillé, avalé des tonnes de pommes de terre. Il s’est imposé un régime draconien et sa famille, lassée de ses purées, de ses potées, a fini par l’abandonner (elle était de toute façon insensible aux saveurs de la bonnotte et de la ratte), il s’est consolé à grands coups de gratins et de poêlées, qu’installé dans le Sud-ouest, il cuisine désormais à la graisse de canard.

Ce Petit traité de la pomme de terre et de la frite est un cri qui vient de l’intérieur, une véritable preuve d’amour qui lui permet d’assumer pleinement sa belgicalité : illustré d’une soixantaine de recettes (de pommes de terre), il remet Parmentier à la place insignifiante qui est la sienne, et fait sur l’invention de la frite, et surtout de la frite belge, des révélations fracassantes qui ne vont pas plaire à tout le monde (Pierre-Brice Lebrun vit d’ailleurs depuis sa sortie sous protection policière).
Ce Petit traité est complété par une conférence sur l'histoire de la pomme de terre, intitulée "C'est l'histoire d'une pomme de terre ...".